Roland-Garros: carnet 1 – la classe de Federer, les boules d’Azarenka et le bonheur de Paire

Roland-Garros: carnet 1 - la classe de Federer, les boules d'Azarenka et le bonheur de Paire

Entre la grande introduction de Roger Federer, les problèmes d’adaptation de Victoria Azarenka et le bonheur retrouvé de Benoît Paire, les 48 premières heures de Roland-Garros ont valu le détour. D’autant plus que d’autres faits ont marqué le début du tournoi.

LES PÈRES SONT ICI ! Il était mince, il était beau, il sentait le sable chaud – l’argile brûlante, dans ce cas. Ce n’était vraiment que de la chance de retrouver Roger Federer en costume léger à Philippe-Chatrier. Loin du pompon genevois et du piège de Pablo Andujar, Balois a montré un autre visage qu’aux Eaux-Vives. Offensif et efficace de toutes parts, il nous a même laissé croire qu’il avait en fait envoyé un lointain cousin à l’Open de Genève. Mais non, c’était le même homme… avec beaucoup de formation aussi, plus de références aussi et d’autres titres. Alors bien sûr c’était juste Denis Istomin en face et il y aura sans doute une autre bouilloire (jeudi sans doute) contre Marin Cilic, mais une telle performance fait plaisir à voir. À (presque) 40 ans, « RF » bouge toujours à merveille et son poignet est toujours capable de tout. Bien sûr, il ne gagnera pas le tournoi, mais il a fait forte impression. Il est là. Avec toujours un œil sur Wimbledon. Que veux-tu de plus ?

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LA MAGIE FONCTIONNE : Que ses (rares) adversaires le veuillent ou non : avec Federer, la magie opère. Toujours. Paris s’est levé pour lui, le monde du tennis s’est passionné pour son retour à Roland-Garros, et les commentaires positifs (sans parler des laudateurs) ont défilé. Qui dans ce sport fantastique peut prétendre avoir un tel effet sur le grand public ? Non. A force, « RF » pourrait même atterrir en haillons et mal rasé que le public en redemanderait. Mais le « mec » a une telle classe qu’il revient à chaque fois avec le sourire, les jolies pattes et à 31 ans.

LA MAGIE NE FONCTIONNE PLUS… Dominic Thiem, en revanche, l’a égarée, la baguette. L’Autrichien est tout simplement méconnaissable depuis le début de cette saison. Lui qui avait gagné ses adversaires à tout endurcir (sauf Nadal) sur le chemin de Paris, a donc été inculpé dès le début dimanche contre… Andujar (hey, hey). Non, nous ne voulons tirer aucun profit du brave Espagnol, qui a su chercher le succès, mais la dépression autour de « Domi » est frappante. Malheureusement, il démontre parfaitement la petite frontière qui sépare un joueur en confiance et impénétrable au doute d’un joueur (le même, en l’occurrence) sans la moindre marque et caboche remplie de questions. Le vainqueur du dernier US Open n’a apparemment jamais digéré sa mission new-yorkaise, la quête de sa vie. Comme si c’était son apogée, et qu’il ne pouvait pas aller plus haut. Sa chute est d’autant plus vertigineuse. Thiem vit son burn-out et a l’humilité de l’admettre : « J’espère revenir très fort un jour. Mais bon, pour le moment je n’ai aucune idée de quand ce moment viendra. »

C’est un retour pour @AndujarPablo qui gagne en 5 sets contre Dominic Thiem 4-6, 5-7, 6-3, 6-4, 6-4 #RolandGarros pic.twitter.com/rN8eOxwZdr

ZVEREV ET L’ESPRIT … Nous savons que les pensées d’Alexander Zverev oscillent. Son entrée dans l’affaire dimanche a fourni des preuves supplémentaires. Alors que sa partie de tableau a été amputée en partie dans l’après-midi (notamment avec la défaite de Thiem), l’Allemand a commencé son tournoi à fond face à son compatriote Oscar Otte (non, non, pas de carottes de boeuf). Mené deux sets à rien, le finaliste de l’US Open a réussi à renverser la vapeur et à passer son gros mètre quatre-vingt-dix-huit au deuxième tour. Mais il n’a pas caché le fait que sa tête l’a presque laissé ancré : « Oui, pour être honnête, l’élimination de Thiem a eu un impact sur moi. Car même si j’essaie de rester concentré sur moi-même, de ne pas être trop conscient de ce qui se passe ici et là, on sait qui est où etc. Donc le regarder tomber, alors qu’il est l’un des meilleurs joueurs du monde sur terre battue, a eu un impact clair. Cela m’a rendu nerveux et j’ai commencé trop lentement. Mais hé, je suis au tour 2. « Zverev a eu la grandeur de ne pas ajouter: » Moi… « 

IMAGE DU JOUR (OU DE NUIT, PLUTT…) : celle de Serena Williams, la gagnante de la première « séance de nuit » de Roland-Garros. Les Américaines ont gagné 7-6 6-2 sur la Roumaine Irina-Camelia Begu. Une performance encourageante pour ceux qui espèrent encore décrocher un 24e titre majeur.

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AZARENKA, LA BULLE, LES BALLES… Victorieuse dimanche soir d’un saint duel avec Svetlana Kuznetsova, Victoria Azarenka ne cesse de répéter son bonheur de pouvoir jouer des matchs. Pour être honnête, tout le reste sur le terrain l’énerve. « Aujourd’hui, je n’aime plus tout dans le tennis, confie-t-elle. Ces histoires de bulles, cette vie de bulles… ce n’est pas pour moi. Moi qui ne loge pas dans les hôtels officiels, qui passe peu de temps sur le tennis, qui essaie à « M’éloigner de la compétition pour garder mon équilibre, j’ai du mal à vivre avec. Oui, je sais, je ne devrais pas me plaindre, mais quand même… j’espère que nous aurons bientôt quelques ajustements. »

HENRI ET « BELI » A LA FETE… Il n’y a pas que Roger Federer dans la vie. On peut donc souligner la bonne tenue d’Henri Laaksonen, qui a réussi à enchaîner dimanche en dominant Yannick Hanfmann après sa sortie de qualification. En plus du bon départ lundi de Belinda Bencic, facilement contre Nadia Podoroska (6-0 6-3). Pour les deux, cependant, les choses devraient être plus compliquées au prochain tour. Schaffhouse rencontre Roberto Bautista Agut, Saint-Gall Daria Kasatkina

UN PARI ET… COMPLÈTEMENT NU… Un journaliste français, Julien Pichené, a commis l’erreur de risquer un jeu. Avant le match entre son compatriote Enzo Couacaud et Egor Gerasimov, il a annoncé que « si Couacaud met 3 sets à Gerasimov, je ferai le show à poil demain… ». Après avoir mis Couacaud 3 sets à Gerasimov, on ne vous fait pas un dessin de ce qui a suivi…

SPECTACLE DU JOUR : « J’ai tellement aimé ce Roland Garros que je m’en souviendrai. Oui, je me suis effondré à la fin, mais ce n’était pas de la tristesse. J’ai tellement souffert ces derniers mois… Si j’ai craqué, c’est parce Cela fait longtemps que j’ai une boule au ventre. Aujourd’hui les gens ont aimé, et moi aussi. Cela a fait ressortir tout le négatif que j’ai en moi…  » C’est signé Benoît Paire, qui vit très très mal la actuelle de la crise mondiale et a réussi un match assez convaincant face à l’outsider Casper Ruud (défaite 7-5 2-6 1-6 6-7), devant un public parfois extraordinaire.

Quelle joie de retrouver le public à Roland ! L’explosion dans les tribunes à ce stade par Benoit Paire (@benoitpaire) est énorme ! #rolandgarros #benoitpaire pic.twitter.com/6aWF3KaVWT

BYE-BYE OSAKA… Après avoir fait un high qui n’était pas possible avant le tournoi en annonçant qu’il allait sucer la presse – sans, comme avant, ses messages n’avaient jamais eu le même écho, et son compte en banque n’avait pas été si fort – Naomi Osaka a finalement décidé de quitter le tournoi. Une bombe pour certains, une plume dans l’eau pour d’autres. Une chose est sûre : Roland-Garros survivra à ses caprices.

MUSEE POUR CONTINUER… David Goffin avait mis le pied sur Roland Garros en disant qu’il était meilleur dans les jambes et dans la tête. Sans surprise, le Belge, ancien du top 10, a été renvoyé chez lui par l’audacieux Lorenzo Musetti (6-0 7-5 7-6). L’Italien, à peine âgé de 19 ans et vainqueur de l’Open junior d’Australie en 2019, confirme les promesses qui hantent son bras droit, découvert l’an dernier à Rome. On peut le voir se battre au moins jusqu’en quarts de finale.

Arnaud Cerutti – @arnaud_cerutti

Sources :