«Pourquoi Federer vient à Genève? C’est un patriote»

«Pourquoi Federer vient à Genève? C'est un patriote»

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– Avec l’inscription de Federer, vous parlez d’un « cadeau du ciel ». Il y a sans doute des explications plus terrestres … – Thierry Grin: Absolument. Depuis le retour du tournoi à Genève en 2015, les propriétaires, l’ancien Rainer Schüttler et l’organisateur Gérard Tsobanian, se sont rapprochés chaque année des équipes de Roger. C’était toujours une réaction négative assez tôt. Là, ils ont pris la parole depuis la Laver Cup, en septembre 2019. Federer a des liens forts avec Genève…

– Lequel?

– Tout d’abord Marc Rosset, notre directeur sportif. Avant même que Roland Garros ne soit retardé d’une semaine, Marc a envoyé des messages à Roger, à son entraîneur, Severin Lüthi. Federer a également son meilleur ami à Genève, ainsi qu’un sponsor important. En 2019, venu participer à un événement privé, découvre le Parc des Eaux-Vives, trouve l’endroit magnifique, distrait ses amis.

– Le sentiment, il existe à un tel niveau?

– Je pense que oui. Federer fonctionne de cette façon. Il ne serait pas allé à Lyon, ce qui se passe en même temps. C’est un vrai patriote: il aura disputé tous les tournois de Suisse, après Bâle et Gstaad. Et il ne peut pas dire bonjour, il gagne des matchs avant son grand but, Wimbledon.

– Difficile d’accueillir la Fédération?

– Non, mis à part la dimension sécurité, c’est quelqu’un qui n’aura jamais un caprice célèbre, on sait qu’il n’y aura pas de surprises. Il va jouer à ses jeux et, s’il a du temps libre, il en profitera pour voir ses amis proches, comme l’ancien joueur Arnaud Boetsch.

– Ce sera sans public. Que fait Federer pour vous?

– C’est une frustration, bien sûr. Avec un tel joueur, nous rendrions les stands aussi grands que possible. Cela dit, vous devez voir le meilleur. Pour ce qui représente une renaissance, nous aurons le plus bel ambassadeur, tous sports confondus. Et c’est le phénomène de l’humanité! Quand j’étais à l’Université de Lausanne, j’ai travaillé à la Fédération Suisse de Tennis pour joindre les deux bouts. Federer habitait à Ecublens (VD), je l’ai eu sur le terrain. Depuis, même si je ne suis pas un ami proche, il me dit bonjour, il me demande comment va ma famille, mes enfants. Il mène certainement une vie extraordinaire et ne peut pas répondre à toutes les exigences. Mais s’il est avec vous, il va s’arrêter pendant cinq minutes. Il est comme ça, il ne joue pas à un jeu: il se souvient de ses années chez Romandie, son colocataire, Ivo Heuberger. En 2002, nous sommes tous allés aux obsèques de son entraîneur, Peter Carter, à Bâle. Il n’oublie pas ces choses. La perte de son deuxième père a été un déclic monumental dans sa vie, un choc électrique. Je suis convaincu que cette tragédie l’a fait devenir un homme plus rapidement. Auparavant, il pouvait pleurer après une perte. Puis c’était fini.

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