L’Inde, nation de 1,4 milliard d’habitants, représente le dernier grand territoire à conquérir pour le football mondial. Longtemps considéré comme un pays exclusivement passionné de cricket, le sous-continent indien cache en réalité une riche tradition footballistique centenaire, particulièrement à Kolkata et dans l’État du Kerala. Depuis dix ans, l’Indian Super League (ISL) tente de transformer cette passion en industrie florissante, suivant le modèle lucratif de l’IPL cricket. Entre des clubs historiques comme Mohun Bagan aux millions de supporters, des ultras passionnés qui soutiennent même les équipes de jeunes, et l’influence grandissante des géants européens comme Liverpool et Manchester United, le football indien se trouve à la croisée des chemins. Le réveil du « géant endormi » évoqué par Sepp Blatter dès 2007 est-il finalement en marche?
L’histoire méconnue du football indien : une passion centenaire
Contrairement aux idées reçues, le football en Inde n’est pas un phénomène récent. Loin des clichés d’un pays uniquement absorbé par le cricket, plusieurs régions indiennes cultivent depuis plus d’un siècle une véritable culture footballistique. « Particulièrement ici et au Kerala, dans le sud, vous pouvez probablement faire valoir que le football est plus populaire que le cricket. Nous sommes une culture du football », explique Rajrup Biswas, fondateur de l’agence de marketing Off Guard Sports à Kolkata.
Au cœur de cette passion se trouvent des clubs historiques dont la fondation remonte à la fin du 19ème siècle. Mohun Bagan, créé en 1889, East Bengal et Mohammedan Sporting constituent le trio emblématique de Kolkata (anciennement Calcutta), berceau du football indien. Ces institutions centenaires disposent de bases de supporters qui s’étendent sur plusieurs millions de personnes.
- Mohun Bagan – Fondé en 1889, le club le plus ancien d’Inde et double champion en titre de l’ISL
- East Bengal – Rival historique de Mohun Bagan, avec qui il dispute le derby de Kolkata
- Mohammedan Sporting – Troisième club historique, traditionnellement soutenu par la population musulmane
Le « Kolkata Derby » opposant Mohun Bagan à East Bengal représente l’un des plus grands derbys au monde en termes d’affluence et de passion, attirant régulièrement plus de 60 000 spectateurs. Cette rivalité demeure l’événement footballistique majeur du pays, même lorsque ces rencontres se déroulaient dans la deuxième division nationale.
Le Maidan, vaste espace verdoyant au cœur de Kolkata, constitue le sanctuaire spirituel du football indien. Chaque week-end, des centaines de matchs amateurs et professionnels s’y déroulent, témoignant de l’ancrage profond de ce sport dans la culture locale.
Région | Tradition footballistique | Clubs emblématiques |
---|---|---|
Bengale-Occidental (Kolkata) | Plus d’un siècle | Mohun Bagan, East Bengal, Mohammedan Sporting |
Kerala | Forte culture du football | Kerala Blasters, Gokulam Kerala |
Nord-Est (Mizoram) | 40% des joueurs professionnels indiens | NorthEast United, Aizawl FC |
Le football contre le cricket : un combat d’identité nationale
L’ombre imposante du cricket plane sur tout débat concernant le développement du football en Inde. Les sports les plus populaires en Inde demeurent hiérarchisés, avec le cricket occupant indiscutablement la première place dans le cœur et les médias indiens. Ce sport est devenu, bien au-delà d’un simple divertissement, un pilier fondamental de l’identité nationale.
Comme l’explique Krishnendu Biswas, supporter passionné des Reds de Liverpool et de l’East Bengal FC : « Le cricket est une passion ici. Mais c’est aussi une industrie. Pour le football, nous avons la passion. Nous n’avons pas encore l’industrie. » Cette distinction résume parfaitement le défi principal du football indien.
Le problème ne réside pas dans l’absence d’intérêt pour le football, mais dans sa transformation en écosystème économique viable. Les obstacles au développement du football en Inde sont multiples : infrastructures insuffisantes, manque de professionnalisation des structures dirigeantes et fragmentation du paysage footballistique national.
Cependant, l’ampleur du pays signifie que même en tant que « sport minoritaire », le football indien peut potentiellement attirer des dizaines de millions de supporters. Dans un pays de 1,4 milliard d’habitants, les niches deviennent des marchés considérables.
La révolution ISL : ambitions et réalités d’une ligue de franchise
En 2014, le conglomérat industriel Reliance, dirigé par Mukesh Ambani – l’homme le plus riche d’Inde – a lancé l’Indian Super League (ISL), une compétition inspirée du modèle ultra-lucratif de l’Indian Premier League de cricket. L’ambition était claire : créer un produit footballistique attrayant, soutenu par les plus grandes fortunes du pays et capable d’attirer des stars internationales.
La soirée d’inauguration a tenu ses promesses spectaculaires. « La première nuit de l’Indian Super League, il y a un peu plus de 10 ans, s’est déroulée dans un brouillard de feux d’artifice et une frénésie de spectacles », se souvient un observateur présent au stade Salt Lake de Kolkata, où 70 000 spectateurs s’étaient massés pour assister au match d’ouverture.
- Modèle économique: Système de franchise à l’américaine
- Investisseurs: Grands industriels indiens (Tata Steel, JSW, Reliance)
- Partenaires internationaux: Atlético Madrid et Manchester City
- Stars internationales: Alessandro Del Piero, Nicolas Anelka, David Trezeguet (première saison)
Pour attirer l’attention, l’ISL a fait venir des légendes du football mondial comme Alessandro Del Piero, Nicolas Anelka et David Trezeguet. Comme l’a reconnu avec franchise Sourav Ganguly, ancien capitaine de cricket devenu copropriétaire de la franchise de Kolkata : « Évidemment, ce ne sont pas les stars actuelles (du football mondial). Cela viendra avec le temps. C’est le début de quelque chose. »
Dix saisons plus tard, le bilan de l’ISL demeure contrasté. Le football en Inde a progressé dans certains domaines mais stagné dans d’autres. La ligue compte désormais 13 équipes, intégrant finalement les clubs historiques de Kolkata après des années de résistance. Mohun Bagan a même remporté les deux derniers championnats, devenant la première équipe à conserver son titre en 2024-2025.
Progression de l’ISL | Points positifs | Défis persistants |
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Infrastructures | Premier stade spécifique au football (Jamshedpur FC) | Nombreux stades partagés/inadaptés |
Formation | Académies Bengaluru FC et Punjab FC | Investissement insuffisant dans la jeunesse |
Stabilité | 13 équipes actuellement | Disparition de franchises originelles (Pune, Delhi) |
Stars internationales | Jason Cummings (international australien) | Plus de grandes légendes internationales |
Le cas Hyderabad FC : les défis d’une industrie naissante
L’histoire récente d’Hyderabad FC illustre parfaitement les difficultés rencontrées par l’ISL dans sa quête de stabilité. En août 2024, Dhruv Sood, avocat de 36 ans et passionné de Liverpool, a repris les rênes du club en partenariat avec le conglomérat industriel BC Jindal après que la franchise se soit retrouvée en grande difficulté financière.
« Ces premières 48 heures ont été un flou total : Hyderabad a recruté un tas de joueurs en transferts libres, avec une horde de jeunes talents indiens et des recrues du monde entier », raconte un observateur du sauvetage in extremis de cette franchise qui avait pourtant remporté la Coupe ISL deux ans auparavant.
La stratégie de Sood pour reconstruire l’équipe était directe et honnête : « Nous avons dit : ‘Venez à Hyderabad. Vous devrez peut-être accepter une baisse de salaire, mais vous jouerez, et si vous vous faites remarquer pour une meilleure offre ailleurs, nous ne nous mettrons pas en travers de votre chemin’. » Cette approche pragmatique a fonctionné : Hyderabad, alignant l’équipe la plus jeune de la compétition, a évité la dernière place du classement ISL.
Cet exemple témoigne de la fragilité persistante de l’écosystème du football professionnel indien, où les projections financières mondiales peinent encore à se matérialiser localement. Comme le résume Rajrup Biswas : « L’ISL ressemble de plus en plus à une ‘occasion manquée’ pour le football indien. »
La concurrence du football européen : obstacle ou opportunité ?
À 21h57 dans un bar du centre de Kolkata, la musique techno ambiante s’interrompt brusquement pour laisser place aux premières notes de « You’ll Never Walk Alone ». Une cinquantaine de clients vêtus de rouge se lèvent comme un seul homme pour entonner l’hymne de Liverpool avec une ferveur palpable. Nous sommes à 5 000 kilomètres d’Anfield, mais la passion est tout aussi intense.
Cette scène au Lion’s Den Bar and Cafe illustre parfaitement l’un des défis majeurs du développement du football indien : la concurrence féroce des ligues européennes, particulièrement de la Premier League anglaise et de ses stars internationales qui captent l’attention des supporters indiens.
- Droits TV: JioStar (Reliance) a payé 63 millions de dollars pour les droits de diffusion de la Premier League
- Audience: 50 millions d’abonnés payants et 500 millions d’utilisateurs gratuits
- Impact: Probablement plus de téléspectateurs pour la Premier League en Inde qu’en Angleterre
- Merchandising: Omniprésence des maillots de Manchester United, Liverpool, Arsenal et Chelsea
JioStar, la plateforme de streaming de Reliance, a récemment déboursé 63 millions de dollars pour les droits de diffusion de la Premier League en Inde pour trois saisons supplémentaires. Avec environ 50 millions d’abonnés payants et 500 millions d’utilisateurs du modèle gratuit financé par la publicité, le potentiel d’audience est colossal.
Le paradoxe est évident : le football indien tente de se développer dans un pays où les supporters connaissent parfaitement les statistiques de Mohamed Salah ou les transferts de Manchester United, mais peinent à nommer les meilleurs joueurs de leur propre championnat national.
Ligue | Droits TV en Inde | Base de supporters estimée | Diffuseur |
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Premier League anglaise | 63 millions $ (3 ans) | 35+ millions | JioStar |
La Liga espagnole | Non divulgué | 15+ millions | Viacom18 |
Indian Super League | Reliance (propriétaire) | 10+ millions | JioStar |
Le double engagement des supporters : un modèle viable
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la popularité du football européen n’est pas nécessairement un obstacle au développement du football indien. Krishnendu Biswas, le supporter de Liverpool, est également un fidèle suiveur de l’East Bengal FC. Son cas illustre un phénomène répandu : les fans indiens peuvent maintenir un double engagement, soutenant à la fois une équipe locale et un club européen.
Ce double attachement représente même une opportunité pour l’ISL. En proposant un produit complémentaire plutôt qu’en tentant de concurrencer frontalement les géants européens, la ligue pourrait capitaliser sur cette culture footballistique déjà établie. Parmi les sports populaires en Inde, le football occupe déjà une place significative dans l’écosystème sportif du pays.
Cependant, Biswas estime que l’ISL ne répond pas encore suffisamment aux attentes des supporters comme lui : « Ce n’est pas ce qu’elle devrait faire. L’ISL, c’est beaucoup de glamour, et pas assez de développement. » Cette critique résume le sentiment de nombreux passionnés qui voudraient voir la ligue mettre davantage l’accent sur la formation et le développement à long terme du football indien.
Le futur du football indien : vers un réveil du géant endormi
Sur un terrain poussiéreux près du stade Rabindra Sarobar, 150 enfants s’entraînent sous la direction d’une petite femme aux cheveux blancs. Shanti Mullick, ancienne capitaine de l’équipe nationale féminine indienne et médaillée d’argent aux championnats d’Asie 1980 et 1983, dirige aujourd’hui un camp d’entraînement qui porte son nom. Pour seulement 200 roupies (2 dollars) par saison, chaque enfant bénéficie de sessions bi-hebdomadaires de trois heures.
Cette initiative illustre les défis particuliers du développement des jeunes talents en Inde. Comme l’explique Jinia Chowdhury, présidente de Southern Samity FC : « Une chose que nous devons faire pour améliorer le niveau est d’améliorer la nutrition. De nombreux joueurs ne reçoivent pas chez eux le régime alimentaire approprié pour s’entraîner dur. »
- Défis structurels: Nutrition, infrastructures de base, accès à l’eau potable
- Échelle massive: 9,3 millions de joueurs au niveau amateur (deux fois la population du Danemark)
- Initiative « Baby Leagues »: Compétitions jeunes organisées par la Fondation Reliance
- Académie centrale: Installation de pointe à Navi Mumbai pour 90 des meilleurs espoirs
La Fondation Reliance, branche non lucrative du conglomérat, a lancé il y a trois ans les premières « Baby Leagues » dans l’État du Mizoram. Cette région du nord-est de l’Inde, coincée entre le Bangladesh et le Bhoutan, est un territoire particulièrement fertile pour le football, produisant historiquement 40% des joueurs professionnels du pays.
L’accent mis par ces initiatives sur les infrastructures de base – toilettes, eau potable, ponctualité des matchs – révèle à quel point le développement du football en Inde doit commencer par des fondamentaux souvent tenus pour acquis dans d’autres pays. Les pratiques sportives en Inde restent conditionnées par ces réalités socio-économiques.
Initiative de développement | Portée | Impact |
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Baby Leagues (Mizoram) | Enfants 6-12 ans | Extension à d’autres régions prévue |
Tournoi scolaire national | 13 000 établissements | Modèle inspiré du système japonais |
Académie Navi Mumbai | 90 meilleurs espoirs | Premiers diplômés intégrant les clubs pros |
Partenariat Premier League | Compétitions jeunes | Confrontation avec standards internationaux |
L’équipe nationale : le baromètre ultime du progrès
L’équipe nationale masculine indienne n’a jamais participé à une Coupe du Monde (à l’exception d’une qualification en 1950 pour l’édition brésilienne, suivie d’un retrait avant le tournoi). La sélection indienne ne sera pas non plus présente lors du Mondial 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, ayant terminé troisième de son groupe de qualification derrière le Qatar et le Koweït.
Cependant, des signes encourageants apparaissent. En 2019 et 2023, l’Inde s’est qualifiée pour deux Coupes d’Asie consécutives (l’équivalent régional de l’Euro ou de la Copa America) pour la première fois de son histoire. Cette performance modeste à l’échelle mondiale représente néanmoins une avancée significative pour le football indien.
Lors du lancement de l’ISL en 2014, Nita Ambani, présidente de la Fondation Reliance, avait suggéré que la ligue aiderait le pays à faire émerger « ses propres héros du football ». S’attendre à ce qu’ils apparaissent du jour au lendemain serait profondément injuste. Le développement du football est un processus nécessitant patience et investissements continus.
Comme l’explique Dhruv Sood, le nouveau propriétaire d’Hyderabad FC : « Ce que Reliance a fait au niveau des jeunes ne commencera à se voir que maintenant, car il faut huit ou dix ans pour développer des joueurs. » Plusieurs dizaines des premiers groupes de joueurs formés à l’académie centrale sont désormais inscrits dans des clubs de l’ISL ou de la I-League (deuxième division), et les experts estiment que les recrues actuellement en formation sont encore plus prometteuses.
Tout cela pourrait finalement conduire à l’émergence d’une nouvelle culture sportive en Inde, où le football prendrait progressivement une place plus importante aux côtés du cricket dominant.
L’héritage et l’identité : l’âme du football indien
De retour sur le Maidan de Kolkata, le bruit des célébrations commence à s’estomper. Un petit groupe d’ultras n’est cependant pas encore prêt à terminer la fête. Lentement, ils plient leurs banderoles et se dirigent vers le Mohun Bagan Ground, le foyer ancestral de leur club où se trouvent encore le club-house et les installations d’entraînement.
Shubham Chatterjee, l’un des leaders du groupe d’ultras Mariners de Xtreme, s’assoit et contemple le terrain. Il commence à énumérer les moments forts de l’histoire de son équipe : victoires mémorables, buts iconiques, gloires fanées. Il n’a vécu qu’une fraction de cette histoire. La plupart de ces succès précèdent l’Indian Super League. Cela ne diminue en rien leur importance.
- Héritage culturel: « Nous encourageons l’écusson qui dit 1889, pas 2020 »
- Identité locale: Les clubs comme piliers des communautés et identités régionales
- Continuité historique: Le derby de Kolkata comme incarnation de traditions centenaires
- Ultras Mariners de Xtreme: Nouvelle génération perpétuant des traditions anciennes
« Nous encourageons l’écusson qui dit 1889, pas 2020 », affirme Chatterjee, soulignant l’importance de l’héritage historique face aux transformations modernes. Cette déclaration capture l’essence de ce qui fait la force du football indien : une identité profondément enracinée qui transcende les changements de format ou de ligue.
Comme tout passionné, Chatterjee souhaite que l’ISL développe les promesses de sa première décennie. Il espère que ces signes de progrès annoncent des jours meilleurs. L’arrivée tardive de Mohun Bagan dans la ligue a déjà amélioré les choses : les foules sont plus importantes, les standards plus élevés, l’avenir plus prometteur.
Mais son attitude suggère que, quoi qu’il arrive à l’ISL, cela ne changerait pas fondamentalement son attachement au club. Quel que soit le championnat où évolue Mohun Bagan, quels que soient les joueurs qui portent le maillot, les supporters continueront de venir : dans les modestes tribunes en béton du Maidan, portant leurs fumigènes et leurs banderoles, exactement comme ils l’ont toujours fait, comme dans n’importe quel autre pays de football.
Aspect | Football traditionnel indien | Modèle ISL |
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Identité des clubs | Enracinée dans l’histoire et les communautés | Franchises créées pour le marché |
Base de supporters | Fidélité transgénérationnelle | En construction, plus volatile |
Fondement économique | Ressources limitées, passion intense | Grands investisseurs, approche commerciale |
Vision d’avenir | Préservation des traditions | Modernisation et mondialisation |
Le paysage sportif indien continue d’évoluer, et le football y trouve progressivement sa place. L’avenir du sport le plus populaire du monde dans le pays le plus peuplé de la planète dépendra de cette fusion entre tradition et modernité, entre passion locale et ambitions globales.
Comme le conclut Shubham Chatterjee avec une sagesse simple : « Le destin de l’ISL n’est pas le destin du football indien. » Cette vérité fondamentale, souvent perdue dans les discussions sur les droits TV et les franchises commerciales, rappelle que le cœur du football indien bat depuis bien plus longtemps que n’importe quelle ligue moderne – et continuera de battre quoi qu’il arrive.
Car si la conquête de cette « dernière frontière » du football mondial est en cours, elle ne se fait pas sur une page blanche, mais sur un riche canevas d’histoire, de tradition et d’identité qui constitue l’âme véritable du football indien. L’engagement croissant des jeunes dans ce sport traditionnel laisse présager un avenir où l’Inde pourrait finalement prendre sa place parmi les nations qui comptent dans le football mondial.